Wednesday 22nd May 2013,
La Chronique Epicée

Ces noirs qui changent leur accent à l’étranger : Intégration ou Aliénation ?

Le Damoiseau 14 sept 2012 21 commentaires
Ces noirs qui changent leur accent à l’étranger : Intégration ou Aliénation ?

Pour un noir qui débarque en France, la maîtrise du français est un pré-requis pour une intégration réussie. Ainsi est-il communément admis que l’homme qui possède le langage possède également le monde exprimé et impliqué par ce langage. Dès lors, le noir qui parlera et comprendra bien le français sera plus à même de se faire une place plus ou moins honorable dans la société française, que son homologue qui s’exprime dans un français approximatif, qui plus est avec un accent de blédard. Ainsi, beaucoup de noirs s’attèlent à surveiller leur élocution, en adaptant en substance et au gré des circonstances leur accent. Cependant, cette adaptation ne relève pas des mêmes préoccupations. En effet, il y’a lieu de distinguer trois catégories de noirs :

1- Les assimilés, ce sont ceux qui sont nés sur le territoire français. La plupart ont une élocution incolore, c’est à dire dépourvue d’accent, ils parlent à peu près comme des français de souche, étant allés dans des écoles françaises où ils ont appris à parler comme des « p’tits blancs ».

2- Les intégrés, ils sont nés à l’étranger et se sont installés en France. La plupart ayant vécu la grande partie de leur enfance dans leur pays d’origine. Une fois en France, ils se retrouvent confrontés à un environnement socio-culturel où les préjugés sur les étrangers ont la dent dure. Avoir un accent prononcé étant susceptible de faire d’eux des victimes de discrimination à l’embauche ou au logement, il devient donc impératif de gommer cet accent en le calquant sur celui des locaux. En général, cette catégorie d’immigrés change d’accent uniquement en présence d’un interlocuteur blanc, et ils reprennent leur accent d’origine lorsqu’ils communiquent avec leurs compatriotes.

3- Les complexés, il s’agit d’une catégorie au sein de laquelle s’est développé un complexe d’infériorité, ayant conduit à la mise au tombeau de leur originalité vocale et de leur authenticité tonale, au profit d’un mimétisme ridicule et théâtral de l’intonation métropolitaine. Soucieux de ne pas répondre à l’image du nègre-mangeant-les-R, ils surjouent leur accent, en essayant de l’arrimer à celui des blancs, qu’ils contemplent dans leur subconscient comme s’ils leur étaient impressionnants. Pour eux, la meilleure manière de ressembler ou de se rapprocher de ces blancs, c’est donc de les pasticher, quitte à le faire de manière grotesque. Mais vous remarquerez que c’est souvent lorsque ces personnes parlent en étant en colère, que leur VRAI accent refait surface; je veux par là dire qu’à un moment ou à un autre, ils finissent toujours par se faire rattraper par l’inné, comme quoi vous aurez beau chasser le naturel, il reviendra au galop. Quoi qu’il en soit, ce complexe d’infériorité n’est ni plus ni moins qu’un des derniers bastions de l’écervellement identitaire de ces négrillons dont le vrai accent rappelle un passé cul-terreux et des origines plébéiennes. L’aliénation atteint son paroxysme lorsque ce changement d’accent se fait également à l’égard de ses propres compatriotes, avec qui, il y’a encore quelques années ou quelques mois, on avait pourtant la même intonation. Comment se fait-il donc que soudain-brusquement-subitement-tout à coup, nous leur parlons avec un faux accent ? Pourquoi ne changeons-nous pas d’accent quand nous partons d’un pays africain pour un autre, ou même quand au sein d’un même pays africain nous parlons avec des gens d’autres tribus ? Pire, comment expliquer que des africains d’Allemagne, d’Italie, ou des USA, qui pourtant ne vivent pas dans un environnement francophone, prennent des accents de français blancs quand ils appellent famille et amis restés au pays ? La vérité c’est que pour beaucoup d’entre nous, parler comme des blancs est conçu et perçu comme un label de réussite, une preuve qu’on a évolué, une manière de forcer le respect et l’admiration de nos semblables.

Le français qui, s’adressant à un anglais, essaie de soigner son accent, le fait dans le souci d’être mieux compris. Il poursuit donc un objectif de communication. Or l’africain qui, parlant déjà de surcroit français, veut franciser son accent, cherche, par un mimétisme insensé, non pas à mieux se faire comprendre, mais plutôt à se faire accepter ou à impressionner. Il poursuit un objectif d’acceptation qui passe selon lui par un reniement de soi. Sinon on verrait, dans une même situation de communication, un camerounais s’ajuster au français d’un sénégalais. Or on n’observe rien de tel ! Ce qui prouve en réalité que, quand on parle la même langue, avec des accents différents, en toute logique, on ne devrait pas jouer au singe. L’humanité s’enrichit de la diversité de nos langues, pourquoi l’accent devrait-il faire exception ?

Tendancé !

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21 Comments

  1. tarah 22 sept 2012 at 12 h 43 min

    TROOOP vrai ! je n’aurai pas mieux dit. Gars on dirait que tu te promènes dans la rue avec une caméra pour filmer les comportements des gens. moi j’avoue que je ne change mon accent que quand je parle avec les blancs, mais c’est juste parce que si je parle avec mon accent certains auront du mal à me comprendre. Mais je ne comprends pas qu’un noir prenne un faux accent de blanc quand il parle à un noir, c’est ridicule !

  2. ketsom79 05 oct 2012 at 17 h 09 min

    Ouais bon en même temps, on va pas se mettre à taper l’accent dès qu’on rencontre un noir. Certains ont perdu l’habitude à force. Certains sont nés en France, prennent l’accent entre potes dans certaines situations et pas dans d’autres. Mais bon de toute façon ça s’entend quand un noir « prend »l’accent blanc et c’est surtout là que ça fait pitié. Sinon j’aime!

  3. Le Damoiseau 17 oct 2012 at 18 h 46 min

    @Tarah, tu fais donc partie de ceux que j’ai rangé dans la catégorie des « intégrés ».

  4. Le Damoiseau 17 oct 2012 at 18 h 47 min

    @Ketsom, toi tu es dans laquelle des trois catégories ?

  5. iloaah 18 oct 2012 at 18 h 58 min

    looool ca c est la verite vraie… moi je suis dans la categorie des integres, je suis nee en Afrique mais j ai grandi ici mais mon accent a change inconsciemment, mais ce qui est marrant c est que quand je suis dans le milieux africain je me force a avoir l accent africain ….

  6. Le Damoiseau 18 oct 2012 at 19 h 50 min

    @Iloaah, c’est bien que tu reconnaisses la vérité de cette chronique. Si nous sommes sur ce site, c’est pour dire justement la vérité, et ce sans complexe et sans complaisance. :)

    Cependant j’ai une question. Tu dis être née en Afrique, mais as grandi en occident. Pourrais-je savoir dans quel pays occidental as-tu grandi ?

  7. ketsom79 18 oct 2012 at 21 h 46 min

    Damoiseau moi je suis blanche selon mes cousins nés au Kamer car je suis né en France. Par contre, la plupart des kamer nés en France connaissent et adore l’accent là en communauté, moi la première si tant est qu’ils aient des liens avec la communauté Kamer.

  8. Le Damoiseau 18 oct 2012 at 22 h 58 min

    @Ketsom79, Okay d’accord, mais ma précédente question était pour Ilooah. :)

  9. ketsom79 19 oct 2012 at 15 h 27 min

    Tu ne m’as pas demandé dans quelle catégorie j’étais?

  10. Le Damoiseau 19 oct 2012 at 16 h 21 min

    @Ketsom79, je t’ai demandé dans quelle catégorie tu es, mais pas où est ce que tu es né, or il me semble que tu as plutot répondu à la deuxième question.

  11. ketsom79 19 oct 2012 at 20 h 54 min

    Je sais très bien à quelle question je devais répondre. Je pensais juste que mon élément de réponse allait te faire comprendre la cotégorie où je me trouve, qui ne fait pas partie des 3 catégories citées.

    • Le Damoiseau 07 nov 2012 at 12 h 13 min

      Tu es certes née en France, mais tu as l’accent camerounais, donc tu es plus dans la 2ème catégorie, c’est à dire « les intégrés », ceux là qui chagent leur accent en fonction des circonstances. Accent camerounais s’ils sont avec des camerounais, et accent « des blancs » avec les autres.

      Mais si tu te donnes l’accent « des blancs » quand tu parles avec tes cousins du pays, alors là tu es plus dans la 3ème catégorie c’est à dire « les complexés »…

  12. kluster 21 oct 2012 at 10 h 22 min

    « Il y a lieu de distinguer trois catégories de noirs ». Juste de lire cette phrase, et cet article me semblait déjà n’être qu’un ramassis de poncifs. A la lecture complète, je n’y ai vu qu’une analyse trop légère d’un sujet pourtant intéressant. J’explique pourquoi.
    La différence que vous faites entre assimilés et intégrés me semble bien étriquée.
    Commençons par les assimilés. D’après vous, ce sont « ceux qui sont nés sur le territoire français ». Comme si un étranger vivant en France depuis un certain nombre d’années ne pouvait devenir assimilé, par choix ou engagement personnel. Comme si tous les « nés en France » avaient tous adoptés en cœur l’ensemble des codes culturels français (ceux de la nutrition, la famille, la religion, les valeurs, etc.), autres que l’accent (et encore …).
    « la plupart ont une élocution incolore, c’est-à-dire dépourvue d’accent ». Aucune élocution ne peut être dépourvue d’accent. On peut avoir un accent parisien, ou un du sud de la France, un accent de « lascar racailleux », un accent anglais, allemand ou même chinois, mais on en a forcément un. Une « élocution incolore » n’existe pas; du moins en dehors de l’esprit de ceux qui se prennent (ou que l’on prend) pour le centre du monde. A mon arrivée en France, je sursautais déjà lorsque je me faisais dire « Tu parles avec L’accent! ». Qui donc parle t-il sans accent ?
    « ils parlent à peu près comme des français de souche… comme des p’tits blancs ». Français de souche ! Pouvez-vous correctement me définir cette expression ? Etes-vous sûr qu’il en existe encore aujourd’hui ? L’expression « Français de souche » est trop souvent employée pour exclure ceux dont on ne veut pas qu’ils soient français, quand bien même ils le sont déjà de droit; ceux marqués de leurs origines proches ou lointaines par un trait visible de leur apparence. La preuve, quand vous parlez des français de souche, vous faites allusion aux « p’tits blancs », indépendamment de si ils ont un parent français, allemand, suédois, ou italien. En dehors de cet usage discriminatoire, il n’existe plus de français de souche.
    Par ailleurs, les français que vous diriez « de souche », qui vivent dans le sud du territoire hexagonal, bien caractérisés par la particularité de leur accent dont raffolent les comédiens en herbe, sont eux aussi des « p’tits blancs ». Leur accent n’est pour autant pas très convoité. Mais j’y reviens.
    Pas besoin d’une longue observation de la société française pour remarquer qu’être né en France (et donc être « assimilé », selon vos dires), en région parisienne, ne suffit pas à adopter l’accent des « p’tits blancs ». L’accent des enfants d’origines africaines vivant dans les banlieues difficiles d’Ile-de-France, est assez différent de celui des petits bobos (ou pas) ayant vécu en plein cœur de Paris. Et ces enfants même, bien souvent discriminés, prennent eux aussi la peine de camoufler sagement leur accent dit « de racaille », lors de leur ascension sociale, pour ceux d’entre eux qui en ont.

    Parlons des intégrés. Selon vous, « ce sont ceux qui sont nés à l’étranger », « la plupart ayant vécu la grande partie de leur enfance dans leur pays d’origine ». C’est là que je me fourvoie complètement. Dites-moi donc. Ceux qui sont arrivés en France à l’âge entre 2 et 10 ans, et y ayant vécu toutes leur vie, sont-ils intégrés ou assimilés. Qu’en est-il de ceux qui y sont arrivés à 20 ans, mais qui y vivent depuis plus de 20 ans ?

    La différence entre intégration et assimilation n’a rien à voir avec le lieu de naissance, ni le lieu de la plus grande partie de l’enfance, ni de la façon dont on décide d’adopter un accent de façon pérenne ou circonstancielle.
    S’assimiler, c’est se dépouiller de toutes ses racines, volontairement ou non (mais le concept en soi voudrait que ce soit volontaire), pour épouser, embrasser entièrement la culture et les valeurs de son pays d’accueil en se fondant entièrement dans la masse populaire existante de ce dernier. Cela demande un véritable engagement personnel, une grande volonté. Autant te dire que tous les « nés en France » ne sont donc pas assimilés. Et un « né hors France » peut très bien devenir assimilé au bout de quelques années.
    L’intégration c’est un peu le « moitié-moitié », c’est l’acceptation d’une partie de la culture de son pays d’accueil, tout en apportant à ce dernier une partie de la culture de son pays d’origine. Le concept d’intégration suppose que les autochtones du pays d’accueil sont prêts à accepter d’intégrer au sein de leur culture, ce qui provient d’ailleurs. Beaucoup de « nés en France » sont plutôt intégrés.

    Mais Revenons au sujet, parlons des complexés.
    Le complexe du noir face au blanc. Il existe sûrement beaucoup d’Africains complexés. Et le nier aujourd’hui, serait vraiment regrettable. Mais c’est assez vexant de voir certains noirs alors conscient de cela, indexer toute tentative de copie par les noirs d’un trait particulier de certains blancs, comme étant une preuve de complexe. Aliénation. Ils n’ont plus que ce mot à la bouche. Encore que sur une sujet comme celui de l’accent, cela est vraiment déplacé.

    Tout ce que j’essayais de dire ci-dessus c’est que la France regorge d’une multitude d’accents. Il y a un accent du sud, un accent des quartiers difficiles (et les blancs qui y vivent l’adoptent, pas que les noirs), un accent parisien, un accent breton, et entres autres de nombreux accents d’immigrés, dont les allemands, sénégalais, espagnols, ivoiriens, italiens, camerounais, américains, etc. De tous ces accents, un seul est convoité : l’accent parisien. Pourtant les allemands, espagnols, américains, etc., et les français du sud-français sont blancs, leur accent à eux n’intéresse personne. C’est donc assez réducteur de considérer l’envie de s’exprimer avec l’accent parisien comme un complexe du noir envers le blanc. Un Africain n’essaie jamais d’adopter l’accent du sud, même s’il vit à Marseille.
    Changer son accent est peut-être un complexe, mais il n’est en rien raciale, vu que même les immigrés blancs sus cités, essaient eux aussi de s’y conformer. Des amis russes, à moi, essaient de dompter l’accent parisien, ce qui donne quelque chose d’assez rigolo. J’ai aussi un camarade qui est arrivé à l’université à paris après avoir passé toutes ses études antérieures dans le sud, il se félicite presque d’avoir perdu son accent du sud, qui cela dit, revient par moment au galop.
    Un autre exemple, lorsque vous apprenez l’anglais, d’où que vous soyez, on vous demande de choisir entre l’accent américain et celui anglais. Les français qui parlent anglais en essayant d’avoir l’accent américain (ou anglais), sont ils complexés ? Non. Tu le reconnais, mais tu leurs trouve une excuse : ils veulent juste se faire comprendre. Ce qui cloche c’est que non seulement ils peuvent très bien se faire comprendre en parlant anglais avec l’accent français (bel et bien compréhensible !), mais que dis-tu lorsqu’ils souhaitent conserver cet accent américain lorsqu’ils s’adressent à un anglais, en pleine Grande Bretagne ? Il faudrait pourtant adopter l’accent anglais pour essayer de se faire mieux comprendre…

    Bref, je pense que l’apprentissage d’une langue passe par la maitrise de certaines composantes de celles-ci. Les principales sont le vocabulaire, la grammaire, la conjugaison et l’orthographe pour l’écriture. L’accent n’en fait pas partie, et n’est pas garant de la maitrise d’une langue. L’accent n’est que la musique, le rythme, et le débit avec lesquelles on laisse échapper les mots que l’on prononce. Ce que l’on aime dans un accent n’est pas la couleur de la peau de celui qui s’en sert, c’est la musique de ses mots. Un complexe ? Peut-être. Raciale ? Sûrement pas.
    Une autre composante de toute langue est la « phonétique ». Cette partie qui nous fait savoir que le « o » dans « école » se prononce comme dans « colle à papier » et non comme dans « écologie ». Ou encore que le pronom personnel « je » ne se prononce pas « zé ». Il est indéniable que certains accents sont plus respectueux de la phonétique d’une langue que d’autres. L’accent a donc indiscutablement une dimension « phonique ». Certaines études sont d’ailleurs menées pour élargir la phonétique du français afin de l’adapter aux différents accents usités pour la parler. C’est la dimension de l’accent autre que la musique.
    Loin de moi l’idée de vouloir stigmatiser qui que soit. Personne ne devrait être jugée pour avoir avoir dit « zé souis trrrrès couontent ». Rouler un « r » en Français ne gêne pas la compréhension d’un interlocuteur (en revanche en russe c’est autre chose), mais il faut quand même reconnaitre que l’individu (français ou non) qui parle avec un accent parisien, est plus proche de respecter la phonétique que celui qui emploi un accent de banlieue, ou un accent d’une contrée de l’Afrique. Les mêmes exemples peuvent être pris en comparant la justesse de prononciation de l’anglais parlé d’abord avec un accent français et ensuite avec un accent anglais ou américain.

    En conclusion, changer d’accent ce n’est pas qu’essayer de chanter en parlant comme les p’tits blancs, c’est aussi essayer de s’améliorer dans l’usage d’une langue. On peut aussi améliorer sa phonétique sans copier complètement l’accent, oui. Si je reconnais cependant qu’une décision de conserver son accent d’origine révèle d’un plus grand caractère chez une personnalité, celle de le changer ne révèle en rien un complexe et encore moins un complexe d’africain ou un complexe raciale.

    Merci.

  13. Le Damoiseau 21 oct 2012 at 12 h 10 min

    @Kluster,

    Nous vous remercions beaucoup pour cette intervention. Cependant, il nous faudrait carrément écrire une nouvelle chronique pour répondre point par point à vos arguments si tant est que votre réponse est bien plus longue que notre article initial. En tout état de cause, nous nous réjouissons de votre commentaire qui à n’en point douter, contribue à enrichir le débat et à faire avancer la réflexion sur la thématique en question.

  14. ketsom79 21 oct 2012 at 20 h 35 min

    Super kluster!

  15. 1peratiffkategorike 15 nov 2012 at 1 h 48 min

    Mince Kluster c’est le roman ??

    • Le Damoiseau 15 nov 2012 at 22 h 03 min

      Son commentaire est trooooop long, beaucoup plus long que l’article. J’aurais bien voulu lui répondre point par point car il y’a bien de choses sur lesquelles je ne suis pas d’accord avec lui, mais bon, ça reviendrait à écrire une nouvelle chronique.

  16. TOTE RONI 07 déc 2012 at 16 h 45 min

    @ kluster
    merci pour ton analyse de la cause. Mais je ne sais quelle énergie tu as pour t’asseoir et écrire un tel long truc.
    pour ce qui est du thème, je pense que c’est tout à fait normal que ces noirs changent d’accent des qu’ils sont à Bengue. ce sont les contraintes de l’environnement linguistique auquel ils sont confronté. ils doivent donc s’y conformer afin de mieux s’intégrer dans la société française. tout compte fait, le faits que certains démeurent avec leur accent d’origine ne doit pas paraitre ridicule, au nom de la reconnaissance et de la compréhension des origines de chacun.

  17. Purplemel 08 déc 2012 at 0 h 15 min

    Mdr commentaire trop long donc tu n’y répond pas ? Comme c facile… Dis plutôt que c un commentaire qui ne va pas dans ton sens et qui ne t’approuve pas de A à Z, donc tu ne réponds pas.

  18. Anonima 11 jan 2013 at 17 h 05 min

    Bravo à Kluster pour son commentaire qui est très sensé (et pas trop long à mon goût, du peu de temps que j’ai passé ici, j’ai vu des commentaires du Damoiseau lui-même aussi longs que ça).
    Effectivement, la classification assimilé/intégré est inexacte d’un point de vue sociologique. Je tiens aussi à préciser quand même que ce n’est pas parce que des personnes sont nées en France qu’elles n’ont pas d’accent. Si on ferme les yeux, et qu’on fait parler une jeune fille noire et une jeune fille blanche, on arrive quand même le plus souvent à distinguer quand c’est la noire qui parle, même si la noire est née en France. Quand on a un interlocuteur noir au téléphone, même s’il « whitise » comme on dit, on arrive quand même souvent à savoir que c’est un noir qui parle. Tentez l’expérience et vous verrez…
    2ème point de précision, le fait de s’efforcer à avoir l’accent « des Blancs » pour un Africain relève AUSSI de la compréhension et pas uniquement du complexe. A l’école, j’avais une copine camerounaise dont aucun prof ne comprenait un traître mot de ce qu’elle disait, même nous, africains d’autres pays, ne comprenions pas non plus tout ce qu’elle disait. Une fille avait même cru un jour qu’elle parlait dans sa langue et lui a fait savoir qu’elle n’était pas du Cameroun, lol, alors que la pauvre fille s’exprimait en Français. Mais l’accent était très prononcé et elle parlait vite, sans compter que la phonétique était différente. Quand tu prononces « pomme » comme « paume » en France, désolé mais on ne comprend plus ta phrase.
    Elle a fini par faire des efforts d’élocution et à changer un peu d’accent; ce qui ne pouvait que la servir, autrement elle ne se serait jamais intégrée, la première des choses étant de pouvoir communiquer et se faire comprendre. Les Africains qui arrivent n’ont souvent pas conscience de la difficulté à déchiffrer leur manière de parler, quand ils s’en rendent compte et tentent d’y remédier, je ne vois pas de quoi leur jeter la pierre ou les taxer de complexe.
    Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, les gens ne comprennent pas tout non plus quand on parle avec l’accent trop français grinçant (ou ils font exprès, je ne sais pas ) mais toujours est-il que quand on apprend l’anglais, on tente d’acquérir l’accent, pas nigérian mais british ou US, ça fait partie de la maîtrise de la langue. Et à ma connaissance, on ne taxe jamais un Français qui tente de parler avec l’accent new-yorkais à New-york de complexé. Pourquoi les Africains?

  19. kobiw1n 14 fév 2013 at 13 h 19 min

    Le Damoiseau, je te recommande l’essai de Frantz Fanon qui s’intitule « Peau noire, masques blancs ». L’auteur y aborde les même sujets que toi, mais avec des thèses beaucoup moins « creuses ». Moi non plus, je ne vais pas m’essayer à réfuter tes arguments point par point (je risquerais tout au mieu de paraphraser kluster :-) ), m