Combien gagnez-vous ? Peu serait prêt à répondre sincèrement à la question. L’opacité autour du sujet est révélatrice du tabou qui l’entoure dans une société paradoxalement fascinée et crispée par l’argent. Demander à quelqu’un combien il gagne est donc aussi intime que lui demander quelle est sa position sexuelle préférée. La sensibilité du sujet explique le silence entretenu.
Pour la petite histoire, une décision de justice a eu à valider le licenciement d’une salariée qui croyait bien faire en volant la fiche de paie de sa collègue pour attaquer son employeur en discrimination salariale. Pas de bol ! car la différence de salaire se justifiait en l’espèce par la différence d’expérience professionnelle. En effet, la question des rémunérations ouvre la voie a des comparaisons, qui elles mêmes engendrent des frustrations. Ainsi la question « pourquoi mon salaire est-il plus bas que celui d’untel » cache benoîtement une autre : « Qu’est ce qu’untel a de plus que moi ? ». S’il peut être légitime de vouloir connaitre le salaire des autres pour s’assurer de n’être pas discriminé, il reste que bien des fois, cette envie participe tout simplement de ce penchant maladif qu’ont certains à vouloir se comparer aux autres. Pourtant l’entretien d’embauche est souvent l’occasion idoine de négocier son salaire. Si vous négociez mal, ne vous en prenez qu’à vous même, au lieu de jalouser ou de nourrir une certaine aigreur vis à vis de ceux qui ont mieux négocié que vous.
Alors qu’ils ne sont pas obligés de répondre à la question, certains préfèrent carrément mentir sur le salaire qu’ils perçoivent, et ce dans le seul but de se valoriser aux yeux des autres. C’est bien connu que plus vous gagnez, plus on vous admire, plus on vous envie. En gros, on vous range dans la catégorie « riche » (respectable) ou « pauvre » (méprisable) en fonction de ce que vous percevez, ou… que vous affichez. Mais qu’est-ce être riche ou pauvre ? En voilà une question ! Sans m’expliquer l’omerta qui règne sur le sujet, je pense que le problème vient sans doute du fait que dans notre société, l’échelle des rémunérations est perçu comme le baromètre par excellence du statut social ; statut qui quand il est élevé, représente la meilleure garantie de la respectabilité. La sacralisation est si grande, qu’il n’est pas hyperbolique d’affirmer que le statut professionnel d’un homme sera le meilleur indicateur de la beauté de la femme qu’il épousera. D’ailleurs c’est Lara TURNER qui disait que « la réussite pour un homme c’est de gagner plus d’argent que sa femme n’en dépense. Et la réussite pour une femme c’est de trouver un tel homme ».
Pourtant, et à mon humble avis, la valeur d’un homme ne devrait pas se mesurer à son argent, son statut ou ses possessions, mais plutôt à sa personnalité, sa sagesse, son ambition, son courage, son indépendance et sa maturité. Autant de vertus qui n’arrivent pas par la seule détention d’un portefeuille mirobolant. Ce d’autant plus qu’un salaire élevé n’est pas toujours la preuve d’une opulence certaine. Par exemple, un célibataire sans enfant qui vit en province et gagne 1800 €, vivra certainement plus à son aise que son homologue qui vit à Paris et qui gagne 2500 € avec un crédit à rembourser, un enfant à charge ou une pension alimentaire à verser à son ex. Le montant du salaire, à lui seul, ne suffit donc pas à rendre compte de l’épanouissement de l’individu, bien qu’il en soit un indice. Non pas qu’il faille se désintéresser de l’argent ou du statut social, mais je dis qu’il faut s’affranchir de la névrose mercantile en apprenant à être soi et à vivre avec ce qu’on a, sans nourrir des complexes à l’aune de ce que les autres ont.
Cela dit, combien gagnez-vous ?
Tendancé !




















Moi je ne dis mon salaire que si la personne qui me le demande me dit aussi pour lui/elle.
Bon c’est vrai qu’en général les gens n’aiment pas révéler combien ils gagnent. Et ca s’observe aussi bien quand la personne gagne beaucoup que quand elle gagne peu.
D’ailleurs ce serait intéréssant de se demander qui sont ceux qui cachent le plus leur salaire ? Ceux qui gagnent beaucoup, ou ceux qui gagnent peu ?
Définitivement, ceux qui gagnent le plus sont ceux qui ne le te diront pas. Pire : ils vont même s’arranger pour te faire croire qu’ils sont pauvres pour que tu les laisses tranquilles. (c.f. mon papa. Comportement parfois ridicule, mais quoi que utile lors des voyages au bled ha ha. Les vrais comprennent…)
Quel monde…
Je suis au chomage…
Mais sinon j’aime bien ce site, enfin des sujets intéressants pour passer un peu le temps sur le net.
HS: Dommage on ne peut pas utiliser le click droit pour la correction auto lors d’un post ca saoule au final.
en tant que télé-enquêtrice, des sondages j’en fais toujours et cette question sur la tranche des revenus dans tous les questionnaires fatigue, beaucoup la trouve trop confidentielle, cela dit je suis entièrement d’accord avec toi